Nommé curé de Saint-Didier, Alexandre Martin (1657-1703) convainc les Saint-Didierois de leur céder une série de bouts de terrains, toujours à l'intersection de deux chemins, afin d'y implanter quinze oratoires marquant la station du Rosaire. Instituée par Pie V en 1573, cette procession est dédiée à Marie pour la remercier de la victoire des chrétiens à Lépante sur l'Empire Ottoman? Ainsi, au mois d'octobre, les fidèles, en procession, stationnaient successivement devant chaque oratoire en récitant des Ave Maria afin de méditer sur les mystères de la foi. Le 15ème étant devenu une chapelle (future Sainte-Garde), les quatorze autres s'attachent à représenter chaque mystère qu'ils soient joyeux (Annonciation, Visitation, Nativité, Présentation au Temple, Jésus au milieu des docteurs de l'Église), douloureux (Agonie du Christ sur le mont des Oliviers, Flagellation, couronnement d'épines, portement de croix, crucifixion) ou glorieux.
L'histoire de ces Oratoires est marquée par les méfaits du temps. Au XIXè siècle, ils avaient pratiquement disparus quand l'abbé Peyre arrive à convaincre le maire d'alors, Xavier Guintrandy, de restaurer voire parfois de reconstruire les oratoires, en 1841. Les représentations, sont confiées à Laplanche, professeur de dessin du Petit Séminaire. Cette restauration ne résista pas au siècle suivant; c'est alors que Duruy, dans les années 1930, se fit le sauveur des oratoires en proposant de nouvelles peintures. Cependant, cette réfection, elle non plus, ne résista au temps... Par la suite, d'autres restaurations eurent lieu, comme en 1967, aboutissant à des plaques de métal, portant les peintures, vissées dans la pierre, toujours dans le respect du thème initial. Si la valeur de leur représentation n'est plus vraiment historique, leur nombre en fait l'ensemble d'oratoires le plus important du Vaucluse ( avec celui de Saint-Saturnin).
Les autres oratoires
Outre ce parcours, situé sur le chemin des Oratoires, deux autres sont placés dans le village pour des raisons difficilement explicables. Situé sur la route de Venasque, Le premier, dédié à Saint-Marc, date du XVIIIème siècle. Le second, du siècle suivant, se caractérise par son sujet religieux à l'huile.
Source : Service Culture et Patrimoine de la CoVe
Un circuit bien pensé. L’implantation de ces petits monuments religieux répond à une logique de piété et rien n’est dû au hasard : les oratoires suivent l’ordre chronologique des mystères joyeux, douloureux et glorieux, et tous sont placés à un carrefour ou une croisée de chemins importants. Des processions y avaient régulièrement lieu, notamment pour les rogations, et les villageois y priaient afin d’attirer la bénédiction du ciel sur les récoltes.
Jusqu’aux années 1950, les enfants de l’école libre, école catholique située route de Venasque, les fleurissaient et nombreux sont les Saint Didiérois qui doivent s’en souvenir. Surtout, onze d’entre eux ont tout naturellement donné leur nom à l’actuel chemin communal des Oratoires que tous connaissent.
N’hésitez surtout pas à faire une sympathique et magnifique balade à pied. Car pendant une heure trente, vous emprunterez de mignonnes petites routes peu fréquentées par les véhicules et vous passerez au milieu du vignoble, des oliviers et des vergers de cerisiers. Loisir à vous de parcourir ces superbes paysages et témoignages de la piété populaire en vélo ou en VTT !
Pour vous guider, nous vous conseillons de partir de l’église et de démarrer l’itinéraire par la route du Beaucet.
Bonne promenade !